Je vous disais la dernière fois
Que bien loin de mourir de froid,
Tout pour moi n’était que suées,
Soleil de plomb, quarante degrés.
(J’ai vu qu’il a neigé en France…)
Mais depuis bientôt une semaine,
Le soleil ne luit qu’avec peine,
Le ciel est constamment voilé,
Car chaque soir la pluie est tombée
Et le vent souffle avec violence.
Ainsi mourir déshydratée
Ne fait plus parti du programme.
Mais je risque de me noyer !
Vite, une bouée, sauvez mon âme !!
Pour de vrai, le temps a complètement changé depuis une semaine environ. C’est redevenu supportable, du moins du point
de vue de la température : seulement 36° C lundi dernier à Calcutta, avec un ciel couvert, on transpirait à peine, j’imagine pas combien il faisait les jours d’avant, quand on dégoulinait au
moindre geste ! Mais par contre, on a vu réapparaître … les moustiques ! Et on s’en passerait bien. Ils avaient insensiblement disparus depuis je ne sais même pas quand, mais ils
reviennent gonflés à bloc. Enfin c’est quand même pas aussi pénible qu’en janvier/février.
A part ça, rien de bien palpitant à raconter : dans le désordre, j’ai été invitée au 25 ans de mariage d’un des
responsables d’HSP, j’ai visité un temple dédié à Kali, une des déesses préférées des Indiens, vénérée sous plusieurs noms, Estelle et Léo sont partis pour Jalpaiguri (je suis donc seule à
Howrah ), j’ai attrapé des poux et j’en ai profité pour me couper les cheveux (enfin je ne me suis pas non plus rasée la tête, j’ai juste 15 cm de moins), Estelle, Mathilde et moi avons nos
billets de train pour nos vacances prévues début juin (et il ne fut pas de tout repos d’arriver à se mettre toutes d’accord sur le programme et les dates), j’ai pris environ 500 enfants en
photos, une de mes sœurs s’est mariée et j’ai eu 4 mois (de vie en Inde).
Donc l’anniversaire de mariage : Elena Di est une des responsables d’HSP, la trésorière je crois. Il y a eu
d’abord le dimanche le renouvellement de l’engagement du mariage, avec nouvel échange d’alliance, et le jour J, en l’occurrence le jeudi suivant, une fête toujours à l’église, mais au
rez-de-chaussée, l’église en elle-même étant au 1er. La salle était décorée, il y avait 2 espèces de trônes qui ont servis pour la séance photos, un grand buffet avec serveurs et noms
des plats indiqués sur un petit panneau devant chaque et un caméraman qui a fait un film de la soirée. J’y suis allée avec 2 autres didis de Baxarah, on s’est entassé à 3 dans le rickshaw, autant
dire que même si le trajet n’a duré que 20 minutes maxi, il a semblé bien plus long, j’avais une fesse en dehors et j’ai du me cramponner d’une main au dossier, tout en tenant un pan de mon sari
de l’autre pour éviter qu’il se prenne dans les roues du rickshaw et que finisse par terre. Pour la soirée, et bien, chacun arrive, va saluer les (vieux) mariés, puis mange et repart. Ce fut
bref, mais intense, le temps de boire une boisson ignoble, de l’eau avec des épices et je ne sais pas quoi, qui a d’ailleurs finie dans un buisson, ni vue ni connue (enfin j’espère), de faire
quelques photos avec les mariés, de retrouver Léo, Estelle et Mathilde, les autres volontaires présents à ce moment , de manger, plutôt bien d’ailleurs, il y avait même de la glace en dessert, le
genre qu’on avait à la cantine petits, les petits pots avec cuillères en plastique ( ça existe encore !!), et puis, hop, à Créteil !, enfin, Baxarah plutôt, avec un retour dans les
mêmes conditions que le 1er, j’étais légèrement crispée en arrivant. Mais c’était sympa.
Par contre, quand on a vu le film quelques jours après, quand Elena Di nous a invité chez elle pour dîner, on a du se
retenir pour ne pas rigoler : les prises de vue sont inintéressantes au possibles, le caméraman ayant visiblement une préférence pour les gens en train de manger, qu’il se faisait une joie
d’éblouir avec la lampe spéciale qu’il avait en main. On voit même ses pieds à un moment, il n’a pas coupé ce passage. Il a intercalé de temps en temps des vues de montagne, de champs fleuris et
de forêt sans aucun rapport avec le sujet, et l’image est encadrée par une bordure kitschissime, comme si c’était un cadre. C’est l’indian style, que voulez vous !
A part ça, on est allé visiter le temple de Kali, très célèbre à Calcutta. Un prêtre nous a fait faire une visite
guidée. Le temple en lui-même est absolument sans intérêt, on n’y voit même pas de statue de Kali, mais c’est l’un des plus fréquenté de la ville. Il y a tous les matins des sacrifices de chèvres
(heureusement, on est venu l’après-midi, mais l’odeur est tenace) et des processions. L’intérêt réside dans un arbre sacré, recouvert de cailloux attachés à l’arbre par une ficelle par des
couples désirant avoir un enfant, et où un prêtre a longuement prié pour moi (il m’avait demandé mon nom), puis pour ma famille (il n’a pas su cette fois répété mon nom de famille !). Si
vous êtes parents dans les prochains mois, c’est pas de ma faute !
J’ai aussi failli assister à un match de hockey de l’équipe des filles du foyer, mais l’équipe adverse n’est pas
venue. C’était bien la peine de se taper le trajet à Calcutta par 36° à l’ombre !!!
2 autres volontaires MEP de Thaïlande sont venue passées quelques jours de vacances à Calcutta, elles sont venues
visiter nos centres, c’était très sympas de le revoir (je les avais rencontrées à la semaine de formation en octobre). Avec elles, on a visité les Victoria Mémorial, grand bâtiment de marbre
blanc construit en hommage à la reine Victoria. Les jardins sont superbes.
On est aussi allé une fois visiter le quartier de Calcutta où sont fabriquées les statues, allez voir les photos,
c’est super !
Au fait, voici plusieurs petits détails amusants (ou pas) sur le mode de vie indien et à la vie à
Baxarah :
- quand ils comptent sur leurs doigts, ils
comptent sur leurs phalanges, ce qui fait qu’avec une seule main, ils peuvent aller jusqu’à 14. Qui dit mieux ?
- on a l’habitude en France de tourner dans le
sens des aiguilles d’une montre quand on compte quelque chose par exemple, eux vont en sens inverse
- pendant le Carême, on faisait le chemin de
Croix tous les vendredis soirs, mais pour le mois de mai (mois de Marie), c’est chapelet tous les soirs. C’est marrant de voir des petites musulmanes (elles ne portent pas le voile, mais quand
même) tenir leur chapelet avec fierté !
- quand on est invité à dîner chez des gens,
il faut s’attendre à ce qu’ils vous regardent manger et vous servent, mais eux même ne toucheront à rien avant votre départ. C’est un peu gênant, mais ça oblige à ne pas rester trop
longtemps !
Depuis que je suis la seule volontaire à Howrah, les différents centres se battent presque pour me garder. Mais je
n’ai pas du tout envie de partir de Baxarah, où je m’entends très bien avec tout le monde. C’est ça la célébrité ! Juste pour les vacances, qui commencent dans 3 semaines, j’irais à
Lalkuthi, d’abord parce qu’il n’y aura quasiment plus personne à Bax. , et aussi pour pouvoir travailler tranquillement avec Agnès Di.
D’ici là, un visiteur des MEP va venir pour rencontrer les responsables d’HSP et tous les volontaires d’Inde, afin de
mieux définir nos missions, et de voir, au moins pour HSP, quel est le profil de volontaire qu’ils attendent et qu’il sera approprié de leur envoyer maintenant qu’on ne peut plus rester que 6
mois. Il va rester 3 jours à Howrah, je vais probablement lui servir de guide, ça va être sympa.
J’avoue qu’en fait tout changement est le bienvenu en ce moment, je commence à trouver le temps un peu long, encore
que je suis toujours bien occupée avec les listings d’enfants sponsorisés. Mais j’en étais arrivée à la fin des photos, il ne manque plus que quelques absents, je devais chaque jour faire le tour
des classes en espérant leur retour, c’était pas très palpitant. Heureusement, Agnès m’a redonné pas mal de boulot. Par contre, du coup, je pense que je n’aurais jamais le temps d’accompagner le
groupe de didis dans les bidonvilles, mais en même temps je n’y suis pas très utile, j’étais plutôt une charge pour elles : il fallait me chercher, me ramener, et elles s’inquiètent toujours
pour nous (il y a une fille qui m’a jeté un caillou, une fois). Donc bon tant pis, mais on sait jamais, peut-être que j’aurais quand même l’occasion d’y retourner.
Depuis que j’ai commencé cet article (3 jours à peu près), le temps a de nouveau changé : finie la pluie, revoilà
le soleil et la chaleur, mais ça reste supportable (pour le moment…). Par contre, les moustiques n’ont pas disparus, l’un deux a même passé la nuit avec moi sous ma moustiquaire, et je m’en serai
bien passé !
Sinon, je fais aussi un peu de danse avec les filles, elles ont un cours chaque semaine, c’est sympa, même si je ne
suis pas très douée. Mais elles sont trop gentilles, elles me disent toujours que c’est bien, c’est même un peu gênant parfois, elles vont jusqu’à m’applaudir. Je, votre bien-aimée Queen
Florence…
Bon trêve de plaisanterie, je m’en vais affronter la fournaise extérieure pour tenter de poster ce message. J’avais
d’autres trucs à raconter, mais j’ai oublié quoi, ça ne devait pas être très intéressant.
Poré dékha hobé !